MAKING-OF de l’enquête « À Bordeaux, des transports verts pour un meilleur air ? »

L’enquête

http://www.2015.datajournalismelab.fr/a-bordeaux-des-transports-verts-pour-un-meilleur-air

Notre angle

Les transports publics sont indispensables pour mieux respirer dans l’agglomération mais restent toutefois une réponse insuffisante face à la pollution de l’air.

Idée de départ

Suite à la découverte d’une étude de l’Institut nationale de veille sanitaire, nous avions la preuve que la pollution aux particules fines avait un impact direct sur la mortalité. Une augmentation du taux de particules fines (PM10) dans l’air augmente le risque de mortalité prématuré. Nous avons donc cherché les différentes sources d’émission de ces fameuses particules dans l’air. L’agriculture, le chauffage au bois et les transports sont clairement apparus comme les responsables de la pollution atmosphérique.
C’est à ce stade que l’étude du développement des transports publics s’est imposée à nous. Comme la pollution est en majeure partie le fait de la circulation routière, notamment dans les zones urbaines, nous avons voulu voir si une politique de développement des transports publics avait un impact sur la quantité de polluants rejetés dans l’air.
Pour privilégier une approche locale, nous avons décidé d’étudier cette pollution à l’échelle de la métropole bordelaise. C’est-à-dire d’observer si la mise en place du tramway, des vélos en libre service ou des bus hybrides avaient fait concrètement diminuer la pollution de l’air dans l’agglomération.

Enfin, nous avons voulu envisager quelles étaient les autres pistes plausibles envisagées par les acteurs scientifiques, politiques et associatifs pour optimiser la lutte contre le rejet de polluants dans l’atmosphère.

Recherche de documentations et de données

Pour la partie santé :

Pour la partie transport public à Bordeaux :

  • Nous avons examiné les données fournies par les 9 capteurs de pollution de l’air de l’Airaq, mises à disposition sur leur site pour étudier l’évolution des émissions de particules fines (PM10) et de dioxyde d’azote (NO2), deux polluants atmosphériques, entre 2000 et 2015.
  • Nous avons ensuite mis en regard ces données avec les dates de lancement du tramway, des VCub (vélos en libre service de Bordeaux) et des bus hybrides afin de voir si le développement des transports publics avait permis de faire baisser la pollution de l’air dans l’agglomération bordelaise.

Mise en forme de des données

Pour la mise en forme, nous avons utilisé plusieurs types de graphiques afin de rendre intelligibles les études scientifiques.

Nos interlocuteurs

Ils nous ont aidé à réaliser notre projet en répondant à nos questions.

  • Sylvanie CHAMAILLARD, responsable communication d’Airaq : l’organisme chargé de mesurer la qualité de l’air en Aquitaine met ses relevés à disposition en open data. Nous nous sommes appuyés sur ces données, ainsi que sur l’expertise de l’agence en matière de pollution atmosphérique. Elle tient un rôle d’accompagnement auprès des collectivités (diagnostic, état des lieux de la qualité de l’air identification des problématiques du territoire), ce qui nous a fourni un éclairage précieux.
  • Rémy SLAMA, chef d’équipe mixte d’épidémiologie environnementale appliquée à la reproduction et la santé respiratoire (Inserm / Université de Grenoble) : cette discipline vise à comprendre et établir l’influence des activités humaines sur le développement de pathologies. Notre entretien avec M. Slama nous a permis de définir plus précisément l’impact des polluants sur la santé, mais aussi d’appréhender les enjeux à venir en matière de recherche et de prévention.
  • Franck LAVAL, président d’Ecologie Sans Frontière : cette association milite pour la mise en place de mesures de lutte contre la pollution atmosphérique à la fois à court terme (pics de pollution) et à long terme, en prônant des réformes structurelles s’appuyant notamment sur une fiscalité incitative. Cet intervenant a mis en perspective la nécessaire complémentarité à mettre en oeuvre entre la politique menée par l’agglomération et des réformes à mener sur le plan national.
  • Myriam JANIN, maitre de conférence en géochimie isotopique à l’Université de Nîmes : nous disposions de relevés bruts de pollution, mais appréhender les sources des agents polluants nous a permis de prendre en compte l’importance des spécificités locales. Alors que beaucoup d’intervenants ont abordé la prévention et les habitudes, elle a mis en avant la question des innovations technologiques, ce qui a enrichi notre approche du sujet.

 


 

Hanquet Anaïs
Matti Faye
Yacine Taleb